Ajouté au panier
  1. Home
  2. bSmart le Blog
  3. Histoire d'eux
  4. 2019
  5. Cosmétiques bio, portrait de Daniel Joutard et sa société Aïny
Daniel Joutard est le fondateur d'Aïny.

Cosmétiques bio : portrait de Daniel Joutard, fondateur d’Aïny

  • 10 min de lecture

Le parcours atypique d’un entrepreneur spécialisé en cosmétiques bio

Daniel Joutard n'est pas seulement un entrepreneur dynamique. C'est aussi une personnalité atypique. Focus sur le fondateur-dirigeant de la marque de cosmétiques bio "Aïny", unique sur le marché des soins de beauté.

Les écoles de commerce, c’est comme le droit, ça mène à tout, y compris aux cosmétiques bio ! Mais attention : les produits de beauté et de soin imaginés par Daniel Joutard sont fabriqués à partir de plantes sacrées d’Amazonie. « Des plantes ayant à la fois un usage magique et une validation scientifique », aime-t-il rappeler avant de citer l’exemple de l’achiote dont les graines (utilisées là-bas comme pigment pour les peintures rituelles) sont très riches en antioxydants.

D'une école de commerce au business eco-responsable

Si aujourd’hui le « green business » et les marques éco-responsables ont le vent en poupe dans l’univers du retail et des produits de beauté, cela n’a pas toujours été le cas. « Lorsque nous avons débuté l’aventure Aïny(1) en 2007, nous étions des précurseurs. Peut-être même un peu trop ! La clientèle était assez confidentielle. Douze ans plus tard, elle est beaucoup plus réceptive aux cosmétiques bio à base de plantes péruvienne », constate ce quadragénaire passé par une prépa HEC à Toulouse et les bancs de l’ESSEC de 1994 à 1997. De cette grande école, Daniel Joutard garde d’ailleurs d’excellents souvenirs. « L’ESSEC promeut la liberté individuelle. Chaque trimestre, je changeais de cours et de secteurs. Stratégie militaire, stratégie d’entreprise, marketing, finances, psychologie... Tout m’intéressait ! », se souvient cet insatiable curieux, avant d’annoncer que c’est progressivement le conseil en entreprise qui a remporté la palme de son intérêt. Son voyage au Mexique dans le cadre de son échange universitaire va cependant donner une autre dimension à sa carrière. « J’ai été immédiatement fasciné par la culture indienne et sa vision magique des choses : l’importance du culte des morts, les animaux fantastiques... », énumère-t-il.

Lorsqu’il revient en France en 1998, Daniel effectue un stage dans un cabinet de conseil mais son esprit reste tourné vers l’Amérique Latine où il retourne cinq mois plus tard, cette fois pour travailler auprès de communautés équatoriennes. « Finalement, je faisais la même chose que dans mon cabinet : toujours du conseil mais appliqué à des problématiques agricoles », résume l’ancien étudiant. Son expérience durera un an au lieu des 3 mois initialement prévus. La raison ? A cette époque, l’Equateur subit une politique d’ajustement structurel très sévère contre laquelle le pays se révolte. Daniel a conscience d’assister à un moment historique. Mais le rôle de spectateur lui sied peu. Il souhaite participer ! « J’apportais mes compétences aux dirigeants populaires qui luttaient pour la survie économique et culturelle des populations indigènes. C’est d’ailleurs auprès d’eux que j’ai rencontré une femme, chamane de son état, qui est ensuite devenue ma compagne », précise-t-il.

« Après m'avoir écouté, il m'a proposé de m'aider bénévolement ». Jean-Claude Le Joliff, ancien directeur de la R&D de Chanel, aux côtés de Daniel Joutard.  

De retour à Paris, Daniel Joutard devient consultant pour différents cabinets de conseils. Un métier qu’il “adore” pour sa diversité. « C’était une période passionnante : j’ai découvert le milieu de l’acier, du papier, du carton, du transport…», illustre-t-il avec enthousiasme, et effectue en parallèle de nombreux aller-retours en Equateur, porté par son engagement politique. Il remplit également son agenda déjà chargé par des cours qu’il dispense à Dauphine et à la fac d’économie de Marseille. Mais ce rythme effréné finit par l’épuiser. « En 2004, j’en ai eu un peu marre, avoue-t-il. J’avais envie de repartir sur le terrain. » Si le cap reste inchangé - l’Amérique Latine - la destination évolue. Il décide de s’envoler pour le Pérou où il passe six mois. Un moment décisif qui lui fait comprendre que son métier à plein temps de consultant est révolu. « Là-bas, j’ai réalisé que j’avais envie de travailler sur les plantes », révèle-t-il.

La création d'une marque de produits de beauté au business model unique

Lorsqu’il rentre à nouveau en France, il sait qu’il réintègre son cabinet pour mieux le quitter. Ses patrons se montrent particulièrement compréhensifs. Faute de pouvoir l’aider à se lancer, ils lui présentent Jean-Claude Le Joliff, l’ancien directeur de la R&D de Chanel. « Je lui ai raconté que j’avais envie de travailler sur des cosmétiques à base de plantes ayant un usage magique et une validation scientifique, résume ce passionné d’Amazonie. Après m’avoir écouté, il m’a proposé de m’aider bénévolement ! » Ce pied à l’étrier inespéré l’incite à ouvrir un laboratoire dans le 11ème arrondissement de Paris. Trois ans de recherche seront nécessaires pour lancer Aïny, une petite entreprise consacrée aux cosmétiques bio et qui démarre officiellement en 2009. Cette année-là, elle reçoit le prix de la meilleure marque éco-responsable. Depuis, une flopée d’autres récompenses ont suivi, la marque étant aujourd’hui certifiée par Ecocert et Cosmébio. Ainsi plus de 99 % des ingrédients des produits de beauté proposés par Aïny sont d’origine naturelle.

« Derrière Aïny, il y a aussi une ambition politique : montrer que la connaissance des Indiens est un vrai luxe », insiste-t-il avant de rappeler que la main de l’homme qui récolte, le temps laissé aux plantes pour grandir et la rareté des plantes récoltées constituent les trois principales caractéristiques de ce luxe.

Des passionnés d'environnement et de cosmétiques bio

Aujourd’hui, l’équipe d’Aïny comptabilise dix personnes : des ingénieurs biologistes, chimistes et pharmaciens, âgés de 26 à 30 ans. Dans cette optique de manager une équipe, Daniel précise sa démarche : « J’ai recruté des passionnés d’environnement et de cosmétiques, d’abord en stage, puis ils ont été pérennisés en CDI », précise notre entrepreneur éco-responsable. La recette semble fonctionner puisque le turn over est à peu près nul depuis 6 ans. Cette équipe soudée crée une centaine de formules par an, à la fois pour ses propres cosmétiques et ceux d’une cinquantaine de marques qui n’ont pas d’expertise en interne pour faire du “bio”. Hors de question cependant pour Daniel Joutard de s’arrêter en si bon chemin ! Depuis l’année dernière, cet entrepreneur dynamique en soins de beauté a embarqué son équipe dans une nouvelle aventure : celle du maquillage.

(1) Aïny signifie « Esprit des êtres vivants » en langue Quechua.

Plus d'articles ... Histoire d'eux

Vous aimerez aussi...

Haut de page